Le Monde du Golf

« Le défi du golf, c’est d’accepter d’être imparfait. » Jack Nicklaus

MALADIES DES GAZONS ET LEGISLATION


Notre Ami Serge Boutes le Fameux "Greenkeeper&Biodiversité" du golf de Téoula nous donne quelques informations pour mieux connaitre la vie d'un green !



MALADIES DES GAZONS ET LEGISLATION
Comme vous l’avez certainement constaté, les gazons de golf et notamment les greens sont soumis de plus en plus à des dégradations du tapis végétal dues à des maladies fongiques, autrement dit à des champignons parasites (qui se nourrissent au dépend du gazon vivant) ou saprophytes (se nourrissant des tissus en décomposition). On pourrait se dire que la chimie et la science ayant résolu la plupart des problèmes liés aux maladies des divers êtres vivants, ces taches disgracieuses ne devraient plus être qu’un lointain souvenir. Hélas le problème est beaucoup plus complexe que cela.
Tout d’abord il faut savoir que ces maladies vieilles comme le monde, en ont vu d’autres, et que l’application de molécules chimiques répétées avec une certaine fréquence a eu le même effet que sur certaines maladies des humains à savoir que ces cellules ont développées une résistance telle qu’aujourd’hui, un même produit qui fonctionnait bien à un tiers de sa dose il y a quinze ans, ne fonctionne quasiment plus aujourd’hui à plusieurs fois sa dose prescrite.
Mais tout le monde sait bien, et les médecins en premier lieu, que pour détruire une maladie il faut parfois varier les traitements pour éviter cette fameuse accoutumance. Et c’est là que les choses se gâtent. En effet, la législation sur les produits phytosanitaires est passée par là. Et je devrai même dire LES différentes législations car, de puis une décennie, les autorités sanitaires ont décidé de bannir à plus ou moins brève échéance l’utilisation de ces produits des espaces verts qu’ils soient publics, sportifs, ou des jardins privés (amusez vous à comparer un rayon produits phytosanitaire d’une jardinerie aujourd’hui par rapport à cinq ans en arrière). Entre le grenelle de l’environnement et le plan ECOPHYTO 2018 la diminution doit être de moitié dans l’agriculture à complètement interdite dans les espaces verts. Je corresponds actuellement avec un greenkeeper français officiant depuis quinze ans dans un grand club de golf danois et eux sont déjà au zéro produits phytosanitaires imposé. Inutile de vous dire que les problèmes sont nombreux et que la communication tient un grand rôle dans le nouveau mode de gestion…
Mais nous n’en sommes pas encore tout à fait là et, pendant ce temps, la plupart des grandes firmes qui fabriquent ces produits ont carrément arrêté la production préférant se jeter dans la bataille des méthodes alternatives qui arrivent sur le marché mais pas encore adaptées à nos problèmes, certes bien complexes de greens de golf, qui ne correspond à aucun autre mode de grande culture pouvant dégager de gros profits. Bref, les maladies des greens risquent fort d’être assimilées à ces maladies orphelines auxquelles on dédie chaque année un Téléthon pour avoir quelque crédit, on peut toujours rêver…
Néanmoins, tout n’est pas perdu et le groupe NGF s’engage désormais dans une voie toute environnementale, ce qui fera l’objet d’une prochaine communication, en mettant l’accent sur ses méthodes alternatives qui devraient remplacer progressivement les produits chimiques. Mais le problème est d’adapter ces nouveaux produits et méthodes aux greens de golf. A teoula nous expérimentons chaque année ce qui arrive sur le marché avec des résultats très variables mais parfois encourageants. Un exemple, cette année les greens 3 et 4 ont servi de test pour l’implantation de mycélium de champignon parasite des maladies des gazons. Il faut environ trois ans avec des inoculations régulières pour arriver à une colonisation suffisante, mais dès cette année, même si des attaques de maladies se sont produites, leur virulence a été moindre et les applications de produits chimiques ont diminué de 60% par rapport aux autres, les résultats sont donc encourageants même si ce n’est pas encore la panacée. De fait neuf trous vont être inoculés avec cette méthode cette année et d’autres expérimentations vont s’y ajouter avec des suivis réalisés par des laboratoires afin de valider les résultats. Il se peut donc que la qualité des greens ne soit pas toujours au rendez vous mais c’est un mal absolument nécessaire aujourd’hui pour garantir la pérennité de nos greens demain. Et si aujourd’hui certains golfs persistent dans un certain type d’entretien, ils seront de toute façon obligés de changer de méthode dans l’urgence, il est donc primordial d’anticiper la tendance.
Mais, rassurez vous, ces changements se feront progressivement de façon à perturber le moins possible le jeu et des communications seront faites périodiquement pour rendre compte de ce nouveau challenge qui va profondément changer la maintenance de tous les parcours de golf ,non seulement Français, mais également européens à des échéances différentes selon les pays, certains y étant déjà contraints (Suède, Danemark, Pays nordiques) d’autres ayant beaucoup plus de marge en terme d’application des décrets Européens (Angleterre, pays du sud…). Nous serons donc certainement, comme en terme géographique, dans une zone intermédiaire…

MALADIES DES GAZONS ET LEGISLATION

Lundi 7 Mars 2011
Jean-jacques Guillaut